Ados en crise - Famille en crise

Extrait d’un article de X Pommereau  CHU de Bordeaux

La fonction essentielle de toute crise est de trancher, de séparer afin d’individualiser les éléments de ce qui formait jusque là un « ensemble » unitaire peu ou pas différencié.

Tout se passe comme si ces pathologies de l’agir rendaient compte, par l’intensité de leurs manifestations de rupture, de la permanence des états de dépendances extrême qui les convoquent. Ces conduites constituent de véritables impasses, puisqu’elles renforcent ces mêmes états et qu’elles expriment, à l’insu du sujet, un mouvement contraire à l’émancipation.

Qui de l’adolescent ou de ses parents reste le plus dépendant de l’autre ?

La séparation de corps n’a tellement les effets escomptés que lorsque la différenciation est déjà en marche.

L’offre thérapeutique d’une médiation destinée au «  travail de la crise » prend tout son sens.

Passer du «  Qui déclenche quoi ? » entrre l’adolescent et ses parents au « Une soufrance en cache toujours une autre » semble être, en la matière, une attitude soignante indispensable.


Au sujet des troubles des apprentissages :


« Les enfants sont à l’école mais ils ne peuvent ou ne veulent pas apprendre. Certains ont des déficiences, d’autres présentent un symptôme névrotique grave et ils manifestent comme cela leur difficulté d’être au monde…

Si l’on ne remonte pas dans la chaine de l’histoire familiale pour découvrir les origines de ses difficultés, le jeune peut aller jusqu’à ruiner sa trajectoire scolaire »

« Quand les parents vont mal, les enfants vont mal. ( et réciproquement …)

Si l’on veut s’occuper correctement d’un enfant, il faut s’occuper de la souffrance de ses parents…

Si l’on n’aide pas ceux-ci à changer en transformant cette souffrance, tout ce que l’on fait avec l’enfant ne sert à rien. »

« Le travail avec les parents consiste à les faire sortir de la culpabilité pour retrouver la responsabilité. Les parents doivent être une force active dans le travail avec leur enfant et autour de lui. On ne peut demander à celui-ci de changer si eux-mêmes ne changent pas »

 Pierre Delion « Mon combat pour une psychiatrie humaine »

Psychiatre, professeur des universités, praticien hospitalier, agrégé, psychanalyste    

© Frank MANGIN 2018